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LA VACCINATION DU CHIOT

Comme dans la plupart des espèces animales, la vaccination des carnivores trouve ses limites dans la protection des jeunes animaux. Les raisons sont multiples :

  • persistance plus ou moins longue des anticorps d'origine maternelle,
  • maturité immunitaire des jeunes,
  • types de vaccins utilisés,
  • éventuels effets secondaires de ces vaccins,
  • pression d'infection variable en fonction des élevages ou des régions.
    La connaissance de ces bases élémentaires permet de proposer des programmes de vaccination qui seront adaptés selon le type d'élevage, l'état sanitaire des animaux et le contexte épidémiologique local.

    VACCINATION ET IMMUNITE MATERNELLE

    Les anticorps passifs spécifiques sont transmis au chiot essentiellement par voie colostrale sous réserve que la chienne possède, au niveau sérique, les anticorps correspondants. Selon les auteurs, la voie transplacentaire n'assure que 3 à 10 % de la transmission des anticorps passifs ; le type de placentation endothéliochorial de la chienne et de la chatte ne permettant pas un passage important des immunoglobulines. En particulier, WINTERS a montré l'absence de passage transplacentaire des IgA, IgG et IgM de la chienne gestante au chiot.

    Au niveau du colostrum, le titre des anticorps neutralisant transmis est à un titre maximal au deuxième jour après la mise bas. Cependant le titre excrété correspond à moins de 50 % du titre sérique de la chienne. L'excrétion par le lait des anticorps passifs diminue rapidement pour s'annuler vers 35 à 40 jours post partum.

    La perméabilité intestinale maximale du chiot nouveau-né vis-à-vis des gamma-globulines colostrales se situe entre la 8ème et la 24ème heure qui suivent la naissance.

    Après la naissance, on observe, dans la même portée, de très grandes différences de titres de ces anticorps maternels suivant les chiots. Les écarts vont en moyenne de 1 à 4 selon les chiots.

    La mesure des immunoglobulines dans le sérum des chiots montre qu'à J + 2 après la mise-bas, on est en présence d'un taux maximum en IgA, IgM et IgG.

    Très rapidement le taux des IgA et des IgG se négative alors que celui des IgM décroît progressivement. Par contre au 25ème jour après la naissance, les taux sériques de ces 3 immunoglobulines remontent à un certain niveau mais encore inférieur à celui observé chez les chiennes.

    Ces modifications du taux des Immunoglobulines dans les premières semaines de la vie du chiot sont indépendantes des anticorps neutralisants et tendraient à montrer que le système immunitaire du chiot devient mature au-delà de la 3ème semaine de vie.

    Les variations importantes observées dans la transmission des anticorps colostraux aux chiots sont dues en particulier :

    • Au taux sérique maternel : plus il est élevé et plus les nouveaux-nés auront un titre en anticorps élevé
    • A la taille de la portée : au-delà de 5 chiots, les titres individuels sont moins élevés
    • A la précocité de la première tétée
    • A la perméabilité intestinale individuelle des nouveaux-nés.

    Dès les premiers jours qui suivent la naissance, les anticorps d'origine maternelle déclinent de façon exponentielle avec le temps.

    Chez le chiot comme chez le chaton, la décroissance des anticorps se produit selon une droite de régression de type Y = aX + b (Y étant le titre du chiot par rapport à celui de la mère, X l'âge du chiot, a et b des paramètres propres à chaque type d'antigènes correspondants)

    Tous les anticorps passifs spécifiques des grandes maladies virales du chien et du chat décroissent de façon pratiquement identique.

    La demi-vie des anticorps d'origine maternelle représente le temps au bout duquel le titre sérique du chiot a diminué de moitié.

    Pour la parvovirose canine, cette demi-vie se situe entre 8,75 jours (MORAILLON) et 9,7 jours. (POLLACK)
    Pour la maladie de Carré, elle serait de 8,4 jours (GILLEPSIE)
    Pour les adénovirus canins, elle est de 8,6 jours (CARMICHAEL)
    Pour le virus de la leucémie féline, elle serait de 15 jours (HOOVER)
    Pour l'Herpès virus félin, ce serait 2 à 3 semaines (GASKELL)
    Pour la panleucopénie féline, cette demi-vie est de 9,5 jours (SCOTT)

    La protection du chiot ou du chaton vis-à-vis d'une maladie virale par les anticorps passifs maternels est assurée par des titres minimums très variables en fonction des affections virales.

    En matière de parvovirose canine, on sait qu'à partir d'un taux d'anticorps IHA passifs anti CPV supérieur ou égal à 1,9 log (1/80°), il y a 100 % de résistance du chiot à une contamination naturelle ou expérimentale.

    Il est souvent difficile de comparer les normes établies dans diverses publications dans la mesure où les techniques utilisées, les souches virales de référence et les systèmes cellulaires usités ne sont pas standardisés.

    INTERFERENCE ANTICORPS MATERNELS ET VACCINATION DES CHIOTS

    C'est le problème le plus délicat que l'on rencontre dans la prophylaxie médicale des affections virales des carnivores, surtout en milieu contaminé et en élevage : aucun vaccin atténué ou inactivé n'est capable d'induire une séro-conversion en présence d'un taux d'anticorps maternel inhibant l'agent pathogène correspondant.

    Ce problème a essentiellement été étudié pour la vaccination contre la parvovirose canine qui a fait appel à des vaccins hétérologues inactivés, puis hétérologues atténués, enfin à des vaccins homologues atténués.

    C'est ainsi que lors de l'utilisation d'un vaccin inactivé de la parvovirose canine chez le chiot, la prise vaccinale n'est assurée qu'en l'absence totale d'anticorps maternels. Différents essais réalisés par POLLOCK et CARMICHAEL ont montré qu'il fallait attendre entre la 12ème et la 16ème semaine d'âge pour pouvoir vacciner avec ce type de vaccin.

    L'utilisation de vaccins hétérologues vivants (vaccins de la panleucopénie) permettait une prise vaccinale en présence d'un résidu d'anticorps maternels. (1/10 en I.H.A.)

    Les vaccins homologues vivants permettent, quant à eux, d'assurer une réponse immune correcte en présence d'un taux d'anticorps compris entre 1/20 et 1/40 en I.H.A.

    D'où la notion d'une période critique pendant laquelle le chiot ou le chaton a un taux d'anticorps maternels à un taux inférieur à la norme protectrice et donc devient sensible à l'infection mais également à un taux encore trop élevé pour empêcher toute réponse immune face à la vaccination.

    En règle générale, les vaccins inactivés ne peuvent induire une réponse immune qu'en l'absence totale d'immunité passive maternelle. Cette négativation totale de l'immunité passive n'est pas toujours liée à une négativation des titres sériques. On peut en effet détecter des anticorps résiduels d'origine maternelle par des méthodes virologiques alors que l'on ne peut plus le faire par des méthodes sérologiques classiques.

    La persistance de ces anticorps maternels peut être longue. Nous avons vu qu'en matière de Parvovirose canine ils peuvent durer jusqu'à 12-16 semaines d'âge. En matière de rage beaucoup de jeunes sujets nés de mère vaccinée ont un taux d'anticorps passifs qui ne s'annulera que vers la 11éme semaine d'âge.

    Par contre en matière de leptospirose, les anticorps maternels ne persistent guère plus de 6 semaines chez le chiot.

    Les vaccins vivants atténués, à l'inverse, peuvent provoquer une réponse immune spécifique en présence d'un reliquat d'anticorps maternels.

    Il est évident par contre que les souches vaccinales atténuées ne peuvent engendrer une protection active en présence d'un taux d'anticorps maternels supérieur ou égal au taux inhibant le virus sauvage.

    Il semblerait que les vaccins recombinants (virus apathogènes dans lequel on a intégré une partie du génome d'un virus contre lequel on veut vacciner) puissent entraîner une réponse immune spécifique en présence d'un taux encore élevé d'anticorps maternels.

    Le mode de réplication de ces virus recombinants et leur mode d'action direct sur l'immunité cellulaire pourraient entraîner cette réponse immune sans être inhibés par les anticorps maternels.

    LES DIFFERENTS TYPES DE VACCINS UTILISES CHEZ LES CARNIVORES

    1 - VACCINS INACTIVES

    En raison de leur faible stimulation du système immunitaire, ces vaccins nécessitent la plupart du temps des adjuvants de l’immunité.

    a – INACTIVATION CHIMIQUE

    Ce sont des vaccins bactériens ou viraux dont les cultures sont inactivées par des antiseptiques chimiques (Formol, Merthiolate, etc..).

    Leur avantage principal réside dans l'impossibilité de retour à la virulence des souches utilisées. Cependant ils nécessitent le plus souvent des injections répétées, surtout lors de primo-vaccination, la présence d'un adjuvant pour renforcer l'immunité, et ne peuvent être utilisés qu'en l'absence totale d'anticorps maternels.

    Ce sont essentiellement les vaccins rabiques, des leptospiroses canines, de la Panleucopénie et de la toux de chenil à Bordetella bronchiseptica.

    Ils sont utilisables sans risque sur les femelles gestantes et provoquent le plus souvent des immunités de plus courte durée que celle obtenue avec les vaccins vivants.

    b – PROTEINES VACCINALES PRODUITES PAR RECOMBINAISON GENETIQUE

    Construction d'un plasmide renfermant le code génétique correspondant à l'antigène du virus contre lequel on veut vacciner et inclusion dans le cytoplasme d'une bactérie. La protéine ainsi produite par la bactérie est inoffensive. C’est souvent un colibacille qui est utilisée comme usine à produire les protéines qui serviront à la vaccination.

    c - VACCINS DE SOUS-UNITES VIRALES

    Ce sont des vaccins viraux inactivés pour lesquels grâce à un procédé électrophorétique industriel on sépare les protéines responsables de la réponse immune des autres protéines virales pouvant provoquer certains effets secondaires (hypersensibilité à la capside des Herpès Virus)

    2 - VACCINS ATTENUES

    Ce type de vaccin concerne essentiellement les vaccins viraux. L'atténuation de la souche virale se fait par passages successifs sur culture cellulaire. Le virus perd peu à peu sa virulence tout en conservant ses propriétés antigéniques. Les vaccins vivants atténués provoquent une immunité plus importante et plus durable, ne nécessitent pas des injections répétées ou la présence d'adjuvant, et enfin stimulent de façon importante l'immunité cellulaire, la production d'IgA et d'interféron.

    Par contre ils peuvent, en théorie, recouvrer toute ou partie de leur virulence (en particulier sur des sujets immunodéprimés), être contaminés par d'autres virus vivants pathogènes ; ils nécessitent des précautions particulières pour leur conservation.

    3 - VACCINS RECOMBINANTS A VECTEUR VIRAL VIVANT

    C'est l'inclusion dans le génome d'un virus à ADN (Canarypoxvirus, Herpès Virus, Adénovirus) d’une partie du code génétique d'un autre virus correspondant à une glycoprotéine responsable de l'immunité.

    Lors du cycle de développement du virus vecteur, il y a production des immunogènes vaccinaux qui stimulent l’immunité en mimant le virus pathogène. Dans la mesure où ces vaccins sont produits sur des virus apathogènes pour l'espèce animale vaccinée, ce sont des vaccins totalement apathogènes.

    Ces vaccins présentent les avantages des vaccins atténués avec l’innocuité des vaccins inactivés. Ils n’ont pas besoin d’adjuvant.
    Ce type de vaccin existe actuellement pour la vaccination orale du renard contre la rage et pour le chat contre le FeLV. De nombreuses publications font état de travaux très avancés en matière de FIV, etc....

    4 - VACCINS en développement.

    De nouvelles générations de vaccins sont en développement, il s'agit des vaccins polypeptidiques ou plasmidiques.

    A PARTIR DE QUEL AGE PEUT-ON VACCINER ?

    La persistance variable des anticorps maternels tant en durée qu'en niveau et leur interférence éventuelle avec la prise vaccinale viennent compliquer la mise au point de programmes vaccinaux efficaces. L'idéal serait, grâce à une sérologie couplée chienne-chiot, de déterminer avec précision la période favorable pour la vaccination.

    En matière de rage, les anticorps maternels peuvent persister chez le chien jusqu'à la 11ème semaine d'âge. Pour cette raison, la législation impose un âge minimum de 3 mois pour pouvoir procéder à la primo-vaccination antirabique.

    Pour les leptospiroses, du fait du relatif faible taux d'anticorps agglutinants observés sur les animaux vaccinés, il n'y a plus d'anticorps maternels vers 6/7 semaines d'âge chez les chiots issus de chiennes vaccinées.

    Par contre c'est en matière de parvovirose canine que l'on observe les plus grandes variations dans la longévité des anticorps d'origine maternelle. En effet comme l'a bien démontré POLLOCK la persistance des anticorps maternels est très dépendante du titre sérologique maternel.
    Certains chiots sont susceptibles d'avoir un taux d'anticorps maternels inhibant la prise vaccinale jusqu'à 16 semaines d'âge. Cependant la période pendant laquelle le chiot devient sensible à l'infection se situe généralement entre la 6ème et la 8ème semaine.

    Pour la maladie de Carré, la plupart des auteurs considèrent que le chiot issu de mère vaccinée possède un taux protecteur d'anticorps maternels au moins jusqu'à la 6ème semaine. Cette estimation est confirmée par l'observation faite lors d'épizootie ou l'atteinte clinique des chiots se produit au-delà de la 6éme semaine d’âge.

    Pour les autres affections prévenues par la vaccination comme le tétanos, bordetellose (toux de chenil), coronavirose, piroplasmose, nous manquons de données expérimentales ou bibliographiques.

    Comme nous venons de le voir, il est extrêmement difficile de prévoir avec certitude la meilleure période pour débuter une primo-vaccination. En fait les différents programmes vaccinaux seront un compromis entre certaines données scientifiques, la pathologie dominante ainsi que le type de vaccin utilisé.
    Une solution pourrait être de n'intervenir qu'après la disparition certaine des anticorps maternels ce qui repousserait à l'âge de 12/14 semaines la primo-vaccination. Cependant le mode d'élevage et de vie du chien ainsi que les risques élevés de contamination rendent ce schéma peu réaliste. La primo-vaccination du chiot ne sera donc qu'un compromis vérifié le plus souvent sur le plan expérimental dans des essais terrain et en station.

    POURQUOI 2 INJECTIONS VACCINALES EN PRIMO-VACCINATION ?

    C'est un schéma classique et normal pour la plupart des vaccins inactivés.

    La première injection entraîne une sensibilisation du système immunitaire et la 2ème injection pratiquée 4 à 6 semaines plus tard entraîne un effet rappel et une production élevée d'anticorps. Sans cette injection seconde, il n'y a pas d'effet protecteur durable.

    Par contre pour les vaccins vivants atténués c'est la loi du tout ou rien. Si le taux des anticorps maternels est suffisamment bas la première injection vaccinale va donner une réponse immune élevée et durable. Dans ce cas la 2ème vaccination effectuée 3 à 5 semaines plus tard ne joue aucun rôle sur le plan immunitaire et ne donne pas d'effet rappel.

    Si l'on pratique un rythme de 2 injections espacées, c'est au cas où la lère injection serait neutralisée par les anticorps maternels. La preuve en est, par exemple chez les chiots SPF, où une seule injection de vaccin Parvovirose faite à 6 semaines donne une protection très rapide (4 à 5 jours) et durable (plus de 3 ans).

    BASE DE LA VACCINATION DU CHIEN

    1 – Maladie de Carré

    Les anticorps maternels persistent jusqu'à 6-8 semaines La vaccination se fait à l'aide de vaccins vivants atténués. En effet l'utilisation de vaccins inactivés n'entraîne pas d'immunité durable.

    Deux types de souches vaccinales sont utilisés pour la vaccination contre la Maladie de Carré : une souche de type ROCKBORN atténuée sur cultures cellulaires de rein de chien et qui conserve un certain pouvoir pathogène pour les mustélidés et le chiot par voie intracérébrale, et une souche de type ONDERSTEPOORT atténuée sur fibroblastes d'embryon de poulet et qui a perdu tout pouvoir pathogène.

    L'association vaccinale Maladie de Carré souche Rockborn et Parvovirose peut entraîner l'apparition d'une encéphalite post-vaccinale due à une reprise de virulence de la souche vaccinale Carré. Il en est de même lors de vaccination de chiots de moins de 4 semaines où certaines souches vaccinales peuvent induire une encéphalite post-vaccinale.

    Le programme vaccinal le plus classique est de pratiquer la première injection vers 7/8 semaines d'âge avec une deuxième injection après la 11ème semaine. Cette primo-vaccination est suivie d'un premier rappel au bout d'un an et de rappels ultérieurs tous les 2 ans (ou tous les ans en zone d’épidémie) Dans un milieu fortement contaminé, la primo-vaccination se fera à l'aide de 3 injections vaccinales espacées de 15 jours, soit 8, 10 et 12 semaines.

    La voie sous-cutanée demande 8 à 10 jours pour que la réponse sérologique soit détectable, la vole intra-musculaire permet de réduire ce délai et elle est recommandée lors de la vaccination en zones à risque. La voie I.V. n'est pratiquée qu'en urgence et permet de prévenir une contamination survenant 2 à 3 jours après. Par contre sur des animaux en incubation et surtout présentant les premiers signes cliniques de la maladie, la vaccination par voie I.V. peut rarement s'opposer à l'évolution de la maladie. La Maladie de Carré n'est pas seulement une maladie du jeune chien, les adultes y sont sensibles et de récentes épizooties ont montré que des chiens âgés de 7 ans et plus et dont la dernière vaccination remontait à plus de 3 ans, payaient un lourd tribu à cette redoutable virose.


    2 – Adenovirus canins

    L'Adénovirus Canin de Type 1 responsable de l’hépatite infectieuse canine ou Maladie de Rubarth a presque totalement disparu. Seuls de très rares cas sont observés sur des chiots issus de mères non vaccinées.

    L'Adénovirus Canin de Type 2 ou Virus de la laryngotrachéite Canine fait partie des agents étiologiques du syndrome Toux de chenil. L'utilisation, depuis 1980, d'une souche vaccinale préparée à partir du CAV2 entraîne une immunité solide et durable vis-à-vis du CAV1 et CAV2. L'immunité post-vaccinale peut en effet durer plusieurs années après une seule injection. Les anticorps maternels persistent généralement jusqu’à 10/12 semaines d'âge. Il est donc impératif de pratiquer la vaccination au-delà de cette période. Mais dans la mesure où il n'existe pas de vaccin Adénovirus Canin Monovalent, on calque le programme vaccinal CAV2 avec celui de la Maladie de Carré.

    3 – Parvovirose canine

    Actuellement seules les souches vaccinales homologues atténuées sont utilisées pour la vaccination de la Parvovirose Canine. Malgré une certaine variation génomique des souches pathogènes identifiées sous le vocable CPV2b et CPV2b, il n'y a pas de variation dans les épitopes responsables de la réponse immune. Les souches vaccinales actuelles, y compris celles utilisées (comme la souche CORNELL) depuis le début de l'épizootie entraînent un niveau de protection identique.

    Le seul problème réside dans la vaccination des chiots ayant un niveau encore élevé d'anticorps. L'utilisation des vaccins "concentrés", à forte teneur en protéines virales permet d'obtenir une séroconversion en présence d'anticorps maternels. Il est donc conseillé d'utiliser de tels vaccins dès l'âge de 6 semaines pour assurer la première injection de la primo-vaccination. Le schéma vaccinal peut se concevoir ainsi :
    • 6ème semaine d'âge : vaccin parvovirose à haut titre
    • 8ème semaine d'âge : vaccin parvovirose classique
    • 12/13ème semaine d'âge : vaccin parvovirose classique
    Pour les rappels, un premier rappel doit avoir lieu 1 an après la primo, ensuite rappels tous les 2 ans ou tous les ans en fonction de l’environnement. Dans les chenils infectés ou à risques, une revaccination annuelle des adultes permet une meilleure homogénéisation des niveaux d'anticorps. La vaccination des chiennes gestantes n'offre pas d'intérêt particulier en dehors du cas, peu probable, où la chienne n'a jamais été vaccinée. En effet face à un taux d'anticorps souvent élevé, l'utilisation d'un vaccin vivant n'entraîne pas d'effet rappel et donc cette vaccination ne donne pas d'augmentation de la teneur en anticorps spécifiques du colostrum.

    4 – Leptospiroses

    Il n'existe que des vaccins inactivés destinés à protéger le chien contre Leptospira icterohemorragiae et Leptospira canicola. Cependant, en matière de leptospirose canine, on trouve d'autres sérovars : L. grippotyphosa, L. Bratislava, L. Copenhagen, etc. Il n'existe pas d'immunité croisée spécifique entre ces différents sérovars et donc la vaccination du chien ne donnera qu'une protection vis à vis des deux sérovars utilisés.

    La primo-vaccination nécessite 2 injections à 3-4 semaines d'intervalle, suivie de rappels annuels. Du fait du faible niveau de transmission des anticorps maternels, la primo­vaccination peut débuter dès l'âge de 8 semaines.

    Des épreuves virulentes ont été réalisées 9 mois et 13 mois après vaccination. Elles ont permis de montrer que l’immunité cellulaire est prépondérante en matière de leptospirose. Le taux d’anticorps circulants ne représente donc pas une méthode d’évaluation de la protection vaccinale.

    5 – Toux de chenil

    S'agissant d'un syndrome lié à plusieurs agents étiologiques, la vaccination complète contre la Toux de Chenil nécessite non seulement une prévention correcte vis à vis de la Maladie de Carré et des Adénovirus canins, mais également contre le Parainfluenza, canin et surtout Bordetella bronchiseptica. A signaler que l'on trouve de plus en plus d'autres agents étiologiques comme l'Herpès Virus Canin, Pseudomonas sp, Pasteurella sp Haemophilus, …qui ne sont pas couverts par les valences vaccinales actuelles mais qui provoquent, en élevage, des épisodes de toux de chenil le plus souvent antibio-résistants.

    Pour le Parainfluenza canin, on utilise essentiellement des vaccins vivants atténués, par voie sous-cutanée. La vaccination peut débuter dès la 6ème semaine d’âge car à cette période les anticorps maternels ont disparu. La primo-vaccination nécessite deux injections à 3/4 semaines d'intervalle, suivie de rappels annuels.

    Cette vaccination est fortement recommandée pour les chiots élevés en collectivité, dans des magasins de vente et pour tous les chiens susceptibles d'être au contact de sujets infectés (expositions, concours, chasse, etc.).

    Bordetella bronchiseptica est l'agent causal principal de la Toux de chenil. Pour effectuer une prévention complète vis à vis de la Toux de chenil, l'utilisation d'une valence vaccinale correspondante reste primordiale.

    Deux types de vaccins sont actuellement disponibles. Soit un vaccin administrable par voie nasale qui peut être utilisé dès la 4ème semaine d'âge, soit des vaccins inactivés et adjuvés nécessitant deux injections à 3 semaines d'intervalle suivies de rappels annuels. La primo-vaccination dans ce cas peut intervenir dès 4 à 6 semaines d'âge.

    Cependant, et en particulier dans les élevages et les collectivités canines, la prévention vaccinale de la Toux de chenil doit s'accompagner de mesures sanitaires : désinfection et ventilation.

    6 – Babésiose canine

    Dans certaines régions où sévit Babesia canis, la vaccination contre cette parasitose à l'aide d'un vaccin produit à partir des protéines d'enveloppe du parasite, permet de faire diminuer de façon sensible l'incidence de cette maladie.

    Le taux d'efficacité se situe aux environs de 70 %. La primo-vaccination que l'on peut effectuer dès l'âge de 5 mois nécessite 2 injections à 1 mois d'intervalle. Les rappels sont faits ensuite sur un rythme annuel.

    Il est déconseillé de pratiquer cette vaccination conjointement avec les vaccins associés à la maladie de Carré (réponse immune plus faible pour cette valence) mais on peut l'associer aux vaccins leptospirosiques et rabiques.

    7– Rage

    La vaccination antirabique se pratique à partir de 3 mois d’âge, période où l'on est certain de l'absence totale d'anticorps maternels.

    Les vaccins inactivés sont à l'heure actuelle très largement utilisés. La primo-vaccination nécessite une seule injection avec des vaccins inactivés suivie d'un rappel au bout d'un an puis des rappels annuels, bisannuels ou trisannuels suivant les législations.

    L'utilisation de vaccins associés permet une simplification du programme vaccinal. Seuls seront associés les vaccins dont le producteur aura apporté la preuve à la fois sur le plan de la tolérance mais aussi de celui de l'efficacité.

    8 – Herpès virose

     

    SCHEMA GENERAL DE VACCINATION

    1 - PRIMO-VACCINATION

    a - Chiots isolés sans risque (schéma général)
    • 8 semaines : maladie de Carré, adénoviroses, parvovirose, Parainfluenza, leptospiroses
    • 12 semaines : maladie de Carré, adénoviroses, parvovirose, Parainfluenza, leptospiroses, (rage).
    b - Chiots en élevage
    • 6 semaines : parvovirose, toux de chenil (Pi + B)
    • 8 semaines : maladie de Carré, adénoviroses, parvovirose, toux de Chenil (Pi ou Pi+B), leptospirose
    • 12 semaines : maladie de Carré, adénoviroses, parvovirose, Parainfluenza, leptospiroses, (rage)
    c - Risques particuliers (élevage contaminé)
    • maladie de Carré : vaccination à 7, 10, et 12 semaines
    • toux de Chenil : vaccination à 4 et 6 semaines.
    • parvovirose : vaccination à 4 et 6 semaines.

    2 - RAPPELS

    Premier rappel : un an après la primo-vaccination pour toutes les valences.

    Rappels ultérieurs
    • Tous les ans : leptospiroses, Parainfluenza, Rage
    • Tous les ans ou tous les deux ans : maladie de Carré, adénoviroses, parvovirose suivant l’environnement. L’évolution de nombreux foyers de maladie de Carré survenant dans des populations canines non vaccinées nous permet de conseiller un rappel annuel. Les vaccins associés avec le Parainfluenza permettent de facilement réaliser ces rappels.

    CONCLUSION

    L'utilisation de vaccins associés a permis une simplification du programme vaccinal, tout en assurant une protection similaire à celle obtenue avec des vaccins monovalents. Cependant, la découverte de nouvelles valences vaccinales vient quelque peu compliquer le problème. Il faudra, dans un avenir proche, développer de nouvelles associations correspondant aux différents âges du chiot et du chaton, et mieux adaptées aux pathologies différentes.

    De nouveaux vaccins sont disponibles ou vont voir le jour prochainement. Chez le chien, l’Ehrlichiose canine, la coranavirose et peut être Leishmaniose.
    L'avenir de la vaccination passe par la recombinaison génétique permettant sur un seul vecteur l'inclusion de plusieurs gènes vaccinaux et peut être par de nouvelles voies d'administration.
    Docteur Jean-François Ravier

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